skip to Main Content
01 30 09 68 60  contact@intermedia78.fr
Comité Polar Du 7 Juin 2018

Comité polar du 7 juin 2018

Le vieux Pays, Jean-Pierre Rumeau

Pasdeloup habite « Vieux pays » à Goussainville, tout près des pistes de Roissy, juste là où un avion russe s’est écrasé en juin 1973, lors d’une démonstration au Salon du Bourget.
Un prénom étrange pour un homme mystérieux. Ses yeux vairons lui donnent un air ténébreux, fascinant et sauvage. Il règne en maître sur ce village et se montre le plus souvent grossier. Mais derrière cette façade il observe et sait reconnaître la détresse. Sans s’apitoyer, il se montre loyal et généreux envers ceux qui peuvent supporter sa brutalité.

L’auteur, par flash-back incessant, reviendra sur le passé de ce personnage.

On découvre progressivement la raison de son installation au Vieux Pays ; son histoire personnelle ; la raison de son prénom si mystérieux (Pasdeloup est son véritable prénom). Jusqu’à sa rencontre avec Antoine Marron, jeune cascadeur qu’il a sauvé de la noyade. Il va l’aider à retrouver la forme pour reprendre son travail après un accident.

Bonne surprise. Un style vif, un roman prenant, des personnages auxquels on s’attache. Un peu trop de flash-back qui ne nous permettent pas de bien voir le fil narratif principal, et quelques défauts de premier roman, mais dans l’ensemble un roman réussit dont l’auteur est à suivre !

Bibliothèque de Louveciennes

Dans la cave de Minette Walters aux Editions Robert Laffont


Les Songoli, Ebuka et son épouse Yetunde ont deux garçons et une fille adoptée Muna qui est le souffre-douleur de la famille et leur esclave. Elle vit et dort dans la cave, en sort quand les enfants et le père sont partis, pour faire le ménage.
Mais un soir, Abiola, le plus jeune des garçons ne rentre pas de l’école. La police va forcément venir poser des questions, et de toute évidence, les Songoli ne peuvent pas laisser Muna, habillée de loques à la cave, les bras couverts de bleus. Pour ne pas éveiller les soupçons, on lui enfile une jolie robe, l’installe dans une chambre et la prévient de dire le minimum aux policiers et de ne leur parler qu’en dialecte africain comme elle le fait habituellement. De toute façon, puisqu’elle est limitée pas de problèmes pour ses tortionnaires. Mais rien ne se passera comme prévu car Muna très intelligente, retournera la situation à son avantage.

Roman très bien mené où le lecteur se laisse prendre par la vivacité et l’intelligence d’esprit de la jeune fille…ou de l’auteur ! Les passages en italiques racontent les pensées et les dialogues de Muna avec la famille et amène le lecteur à suivre la manipulation machiavélique de la jeune fille ainsi que le retournement de situation.
A découvrir absolument !

Un travail à finir de Eric Todenne aux Editions Viviane Hamy

Une scène de tuerie pendant la guerre d’Algérie débute ce roman.
Puis, nous faisons connaissance avec le lieutenant Andréani mis à pied suite à une bavure. Il est donc complètement libre quand sa fille lui demande d’enquêter sur la mort de Lourdier, un papi dans la maison de retraite où elle travaille. Pourquoi n’a-t’il pas de carte de sécurité sociale ? Une autre mort, dans la même maison de retraite vient perturber le policier qui va faire appel au médecin légiste. Celui-ci conclut que la mort est arrivée par un coup à la tête et montre le tatouage perturbant dans le cou de la victime qui rappelle fortement un groupuscule de soldats tortionnaires pendant la guerre d’Algérie.

Une bonne intrigue et une bonne histoire sur fond historique. A découvrir sans tarder !

Sauf d’Hervé Commère aux Editions du fleuve noir

 

L’histoire commence par l’incendie d’un manoir en Bretagne qui va entraîner la mort de ses propriétaires. Mat a six ans, il est en colonie de vacances à ce moment-là et va se retrouver orphelin. Le manoir est racheté par le maire du village mais il n’y a plus rien à l’intérieur. Mat est recueilli par son oncle et sa tante. Trente ans plus tard, il est devenu propriétaire d’un dépôt-vente et semble avoir une vie stable après une jeunesse mouvementée (trafics, mauvaises fréquentations, prison…). Il vit alors avec Anna sa compagne et Laurie, la fille de celle-ci.
C’est lorsqu’un vieil album photos fait son apparition dans la boutique de Mat que sa vie va basculer. En effet, il va y trouver des photographies de lui étant enfant et du manoir brûlé. La dernière photo de l’album semble remettre en cause la version des faits que l’on a toujours voulu lui imposer…
Quelqu’un semble vouloir lui transmettre un message et l’amener à connaître la vérité en lui laissant de mystérieux indices qui vont le replonger dans son histoire et lui permettre de réécrire son passé.
Le roman est bien écrit, l’intrigue est bien construite et l’enquête finement menée. Le lecteur se laisse surprendre par les différents retournements de situation qui s’enchaînent de manière efficace pour mener à un dénouement auquel il est impossible de s’attendre au début de la lecture.

Médiathèque de Chatou

Fantazmë / TACKIAN, Niko .- Calmann Lévy,2018 ( Noir) .-263 p.-

Nous retrouvons le commandant de police Tomar Khan, déjà à cran. Dans le colimateur de l’I.G.S., pour ses méthodes peu orthodoxes, et avec ce qui reste des cadavres semés en plein Paris, sans lien apparent … Règlement de compte mafieux ?

L’assassin doit son surnom « Fantasmë » (spectre en albanais) à cette approche invisible et rapide qui le rend insaisissable.

Double récit. La traque du « Spectre » et la lutte de l’homme derrière le flic, hanté lui aussi, dont l’état va empirer, sans qu’il lâche sa proie lui non plus.

Un livre violent, comme la vie, comme les crimes, comme l’injustice, comme la justice.

Pas pour les amateurs de polars « propres », mais effectivement un personnage à part, déjà découvert dans « Toxique »

Très chouette sa mère !

A lire. Très noir. J’ai décidemment un problème avec les baignoires.

 

Printemps acide / TUDORET, Patrick.-De Borée, (Marge noire) 2018.- 177 p.- 17.90 €


Un commissaire divisionnaire, promu d’office à la tête de l’I.G.S.

Loin de se réjouir, de ce qui semble vouloir l’éloigner d’une enquête qui dérangerait, il préfère en chercher la raison, couvé par son chef et mentor, très vexé, d’avoir été contourné par la hiérarchie dans la prise de décision, et très fâché qu’on tente dans le même temps d’assassiner son « poulain » qui ne manque d’ailleurs pas de défenses.

Je ne donnais pas cher du livre avant de l’avoir lu.

La couverture dessert le propos, le résumé assez classique, un auteur « touche-à-tout » en littérature.

Pourtant, le résultat est là.

C’est bien écrit, bien construit, les personnages tiennent la route au propre, comme au figuré.

 

Valérie Sonnic, Bibliothèque Municipale Albert Camus,  Saint-Cyr-l’École

Les infidèles, de Dominique Sylvain, Viviane Hamy, Chemins nocturnes

On retrouve le corps d’une jeune journaliste dans une poubelle du XVe arrondissement de Paris. Autour de ce drame nous allons suivre Alice Kleber, la tante qui a monté le site « lovalibi.com », son fonds de commerce étant l’adultère, elle fournit des excuses et des preuves clés en main pour justifier les absences des infidèles.

Le commandant Barnier, chargé de l’enquête. Son mariage traverse un petit passage à vide. Son fils est en pleine crise d’adolescence. Lorsqu’arrive sous ses ordres le jeune lieutenant Maze, Barnier ne se sent pas indifférent au charme lumineux de son nouveau coéquipier. Simple leurre d’une vie plus légère ou réelle attirance ?

Et enfin Valentin, le garçon déficient, collègue et ami de Salomé, qui a vu des choses…

Chacun va chercher les raisons de ce meurtre que rien ne semble expliquer. On découvre rapidement que Salomé préparait un reportage sur l’économie liée à l’infidélité. Plusieurs pistes apparaissent, mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air !

Voilà un roman policier sympathique, pas trop de noirceur, pas de politique, plutôt des tranches de vies. Notamment cette histoire ambigüe entre les deux policiers ou encore la vie farfelue d’Alice. Et un bon suspens qui nous tient jusqu’à la fin !

Plus jamais seul, de Caryl Férey. Gallimard, Série noire


Mc Cash, le flic borgne et sans prénom de Caryl Férey. C’est sa troisième enquête. Au cours de la deuxième, il se retrouve père d’une enfant de 12 ans dont la mère, coup d’un soir (ou deux), vient de mourir. Ce n’était pas vraiment au programme pour cet ex-flic torturé et plutôt enclin à l’autodestruction, mais il assume tant bien que mal.

Alors qu’ils errent en Bretagne, à la recherche d’un endroit où poser leurs deux âmes esseulées et en cours d’apprivoisement, Mc Cash apprend la disparition en mer de son ami Marc, un avocat déjanté, mais surtout un navigateur hors pair.

Cette disparition lui paraît suspecte… Il va donc partir à la pèche aux infos et bien-sûr il va s’attirer des ennuis…

Comme à son habitude, Caryl Férey s’inspire de sa vie et aborde des sujets sociétaux. Avant d’écrire ce roman, il avait perdu un ami navigateur. Il nous emmène en Grèce, prétexte à parler de la situation économique et politique, et c’est là-bas aussi que se croisent de nombreuses migrations venues d’Afrique et du Moyen-Orient, prétexte à parler de la situation des migrants et des trafics d’humains.

Mc Cash donne le ton : il est cynique, sombre et bourru, mais derrière son œil mort se cache un grand cœur. Un roman policier efficace, qui ne fait pas dans le détail, mais j’ai adhéré aux personnages et cette intrigue légèrement manichéenne. Les gentils sont vraiment gentils, les méchants très méchants, mais heureusement lui est entre les deux : un méchant gentil ou un gentil méchant, à méditer…

Tuez-les tous… mais pas ici, de Pierre Pouchairet. Plon, Sang neuf

Tout commence avec la disparition de Julie Loubriac, 17 ans. On suit donc les parents de la jeune fille partie de Quimper pour la Syrie, on le comprend vite.

Louis, le père, flic raté, puis journaliste raté, et finalement musicien de blues, active son réseau « journalistico-policier » pour ouvrir quelques portes. Mais finalement c’est un agent de la DGSI qui prend contact avec lui, bizarrement. Il va le pousser à aller en Turquie pour suivre la piste de sa fille disparue.

En parallèle on assiste à des conversations dans des réunions secrètes. Car bien-sûr dans l’ombre de la scène politique agissent des éminences grises, sans qui, de leur point de vue, le pays courrait à sa perte…

S’en suivent aller-retour en Turquie, coups de colères, sur rebondissements, sur cuites…

Je crois l’avoir terminé uniquement parce que je devais rencontrer l’auteur. Je ne me suis pas attachée aux personnages. Il se passe beaucoup de choses, trop vite à mon goût et sur beaucoup trop de pages…

Les plus : Le sujet autour des réseaux de recrutement djihadiste dans nos campagnes est intéressant. La situation est suffisamment trouble pour nous tenir en haleine. L’intrigue tient la route, l’enchainement est clair.

Justine Gendron – Saint-Germain-en-Laye

 

KAREN DIONNE / LA FILLE DU ROI DES MARAIS – JC Lattès, 2018, 296p.

Helena est renvoyée brutalement à sa vie d’avant alors qu’elle pensait avoir tiré un trait sur son passé.

Enlevée et violée à 16 ans, Karen a accouché d’Helena dans une cabane au fond d’un marais. Elle y a passé les 12 premières années de sa vie jusqu’à ce qu’elle parvienne à s’enfuir. Même si son père était brutal, elle adorait la vie sauvage qu’elle menait dans les bois. Son acclimatation à une vie « normale » fut très difficile.

Aujourd’hui, mariée à un homme compréhensif qui ne lui reproche pas les périodes de retraite qu’elle passe au fond des bois, elle est mère de 2 fillettes.

Mais son père, qui était en prison, vient de s’enfuir. Sentant qu’il représente une menace pour sa famille, elle décide de partir à sa poursuite dans les bois. Une traque débute …

Composé d’allers et retours entre l’enfance d’Helena dans les bois et la poursuite actuelle, l’auteur nous dévoile par touches successives la séquestration de Karen et de sa fille. Le livre est ponctué de très belles pages sur la nature, sur l’amour (ou la fascination ?) d’une fille pour son père. On attend la confrontation entre le père et la fille 20 ans après leur séparation. La culpabilité d’Helena d’avoir trahi son père est toujours présente.

A découvrir

NATHALIE CARTER – NICOLAS D’ESTIENNE D’ORVES / LE SILENCE ET LA FUREUR – XO éditions, 2018, 360p.

Dans une petite île perdue dans un lac de l’Ontario, Max King, pianiste réputé et à l’origine d’un festival très couru, n’est plus l’ombre que lui-même. Il n’a pas touché à un piano depuis 10 ans, depuis le drame. Drame qui est évoqué tout au long du livre et qui nous est dévoilé peu à peu, notamment avec l’arrivée du fils de Max. Ce fils qu’il n’a pas vu depuis 10 ans et dont les mauvaises langues du village laissent entendre qu’il pourrait être impliqué… alors qu’il n’avait que 7 ans. Max est donc sous la surveillance de Susan, la gouvernante, qui parle d’une promesse qu’elle aurait faite de s’en occuper. Promesse à qui ? Pourquoi ?

Peu à peu, le mystère se lève mais il faut attendre des pages et des pages. Le rythme est lent, il ne se passe rien, les allusions se multiplient mais rien n’avance. Jusqu’à quelques pages de la fin où tout s’accélère (enfin !), où le mot « thriller » sur la couv’ prend enfin (un peu) du sens. Mais les rebondissements des rebondissements ne cessent de rebondir, tout est tiré par les cheveux. C’est nul !

 

C. Dauge, bibliothèque de Chambourcy

 

Emmanuel Grand. Kisanga. Liana Levi

Dans les salons du musée de la Marine, sous les applaudissements de tout le gotha politico-économique, la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga : un partenariat historique avec le groupe chinois Shanxi pour coexploiter un fantastique gisement de cuivre au coeur de la savane congolaise. Les ministres se félicitent du joli coup de com’ avant les élections ; les golden boys de la City débouchent le champagne. Mais au même moment, Carmin rend un dernier hommage à l’un de ses cadres décédé dans des circonstances suspectes tandis que les services français font appel à leur meilleur barbouze pour retrouver un dossier brûlant disparu à l’est du Congo. La mécanique bien huilée s’enraye et débute une course contre la montre entre une escouade de mercenaires armés jusqu’aux dents, l’ingénieur de choc chargé de piloter Kisanga et un journaliste opiniâtre qui sait mieux que personne que sous les discours du pouvoir se cache parfois une réalité sordide.
Cette histoire de manipulation se déploie sur fond de mutations économiques en Afrique et de collusion des pouvoirs autour du trésor empoisonné que constituent les richesses de son sous-sol.

J’avais beaucoup aimé le précédent livre d’Emmanuel Grand mais je n’ai pas réussi à rentrer dans celui-ci. Il m’est apparu trop compliqué pour une fin décevante. J’ai l’impression qu’il enfonce des portes ouvertes.

 

Caryl Ferey . Plus jamais seul. Série noire Gallimard

Premières vacances pour Mc Cash et sa fille, Alice. L’ex-flic borgne à l’humour grinçant – personnage à la fois désenchanté et désinvolte mais consciencieusement autodestructeur – en profite pour faire l’apprentissage tardif de la paternité. Malgré sa bonne volonté, force est de constater qu’il a une approche très personnelle de cette responsabilité. Pour ne rien arranger, l’ancien limier apprend le décès de son vieux pote Marco, avocat déglingué et navigateur émérite, heurté par un cargo en pleine mer.
Pour Mc Cash, l’erreur de navigation est inconcevable.

L’intrigue est haletante et en même temps complètement ancrée dans la situation géopolitique de la Grèce et plus largement des pays méditerranéens. On est très loin de Mapuche et Zulu mais c’est un bon petit polar avec un héros récurent très attachant.

Anne Checinski

 

Les secrets, Amélie Antoine. Michel Lafon – 2018

C’est une histoire qui commence par la fin.

Premier chapitre (dernier), Mathilde est enfin enceinte après des années d’attente. Elle ne manifeste pas beaucoup de joie à l’annonce de cette nouvelle.

Pourquoi ? L’auteur nous fait remonter le temps pour comprendre.

C’était une idée intéressante. Malheureusement le résultat n’est pas à la hauteur. Les personnages sont sans consistance et les poncifs s’enchainent.

Rien à espérer de la fin qui ne m’a pas récompensée d’être allée jusqu’au bout…

 

Bibliothèque de Chambourcy, Annick Bolle Reddat

 

 

En 1993, deux sœurs sont retrouvées mortes, attachées à un arbre en robes de communiantes sur une petite île près de Toulouse.

Martin Servaz fait partie du groupe d’enquêteurs.

Il n’est pas d’accord avec les conclusions de l’enquête qui est fermée après le suicide du supposé coupable.

En 2018, l’écrivain dont les sœurs étaient fans voit sa femme assassinée par le venin de serpents dont il fait collection. Servaz devenu capitaine est chargé de l’enquête…

Un livre bien mené, à la fois sur le mal et l’écriture…

Plutôt prenant et bien écrit

 

Emmanuel Grand, Kisanga

L’entreprise Carmin réalise une joint-venture avec des Chinois et des Congolais pour exploiter une mine de Coltan au Katanga.

Un de leur employé est assassiné soi-disant par des terroristes. Un de ses amis, le géologue Olivier Martel part pour la mine de Kisanga pour évaluer la richesse des mines et il est confronté à la réalité du pays, des dessous politiques de l’exploitation minière.

Une histoire de corruption, de meurtres, violente avec son lot de compromissions politiques.

À la fois thriller, livre d’espionnage et sur des magouilles politico-financières

Haletant, bien écrit

Coup de cœur

Catherine Sedel Lemonnier (Montainville)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back To Top
×Close search
Rechercher